La vie de château intéresse de plus en plus au Puy-de-Dôme

5 septembre 2022

La vie de château intéresse de plus en plus en Livradois-Forez (Puy-de-Dôme)

 

Les châteaux font rêver petits et grands, et les visites et séjours en chambres d'hôtes séduisent de plus en plus, tout

comme les histoires familiales telles que celle de la famille Dumas du château de Vaulx, à Sainte-Agathe

(Puy-de-Dôme). Un phénomène accentué ces dernières années par les envies de grands espaces, surtout depuis le

Covid selon Renaud Valentin, du groupe immobilier Mercure.

 

Plonger dans l'univers des châteaux d'antan, les visiter et pourquoi pas acquérir un bien de ce type a toujours suscité la

fascination de tous. Pour combler ces attentes, le Parc naturel régional Livradois-Forez se présente comme une destination de

choix puisqu'il regorge de châteaux, notamment celui de Vaulx, dans le lieu-dit Vaulx à Sainte-Agathe. Et pour Renaud

Valentin, agent commercial au sein du groupe immobilier Mercure (spécialisé dans la vente de biens d'exception) dans le

Puy-de-Dôme et l'Allier, ce n'est pas anodin : « L'achat d'un château, c'est l'aboutissement d'un rêve. Lors des visites, à peine

arrivés à l'entrée, soit les acquéreurs signent, soit ils font demi-tour. »

 

Et quand on franchit l'un de ces seuils, on plonge dans une propriété familiale, celle du château de Vaulx qui abrite toute une

histoire paysanne, loin des clichés aristocrates qui collent à la peau des châteaux. « On retrouve des traces d'une ferme

fortifiée, vers 1200, occupée par la famille de Vaulx, explique Régine Dumas, propriétaire du lieu aujourd'hui. Notre famille

l'a achetée au XIXe siècle aux Dospeux, des tanneurs de Thiers qui en avaient fait un domaine agricole. »

 

S'en sont suivis des travaux, les années passant, à commencer par un agrandissement, « parce qu'à la base, en 1823 il n'y avait

que deux tours, avec leurs arrondis aux sommets en créneaux. On a remplacé les tuiles existantes à l'achat par de l'ardoise, et

il a fallu réparer les endroits où il y avait des trous dans les tours. Un château, c'est un cadeau empoisonné, ça coûte de

l'argent. Il faut rénover chaque année quelque chose, électricité, charpentes etc. », souligne la retraitée de 89 ans.

Ce sont nos racines, notre patrimoine. Pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient. Et puis on a privilégié la vie au

calme, le grand air, justifie Régine Dumas.

 

Il y a quinze jours, son fils a même entrepris de ranger le grenier, un long travail qui n'avait pas été effectué depuis environ

trois siècles. À la clef, des découvertes historiques dont s'est émerveillé le passionné d'histoire Jean-François Faye, ami de la

famille : « On est tombés sur des documents officiels encore bien conservés, avec leur sceau, c'est pas mal. » Et si le château

de Vaulx a traversé les époques, c'est grâce à un héritage familial qui s'est transmis de génération en génération avec toujours

la même affection.

 

Selon Renaud Valentin, cette envie a été accentuée par le Covid. Le château de Puy-Guillaume, mis en vente pour la seconde

fois en 2018 par le groupe, attire des acquéreurs aux profils plus variés qu'il n'y paraît : « Avant le Covid, l'acquisition des

châteaux pouvait concerner des quinquagénaires en deuxième partie de carrière. Là on était dans l'émotionnel, pas le

rationnel. On ne cherchait plus un bien avec l'école à 500 mètres. Alors que depuis la pandémie, le désir de grands espaces

naturels s'est accentué et on a des demandes de familles qui ont parfois passé le confinement dans 70 m². Les gens achètent

un bien d'exception pour changer de vie, avec pourquoi pas l'ouverture de gîtes. Ils cherchent donc des écoles, services et

transports à proximité. »

 

Les biens du groupe Mercure, dans le Puy-de-Dôme, sont compris entre 600.000 et 2.600.000 €. Pour l'agent commercial, «

ça change la perspective de ceux qui auraient pu acheter un appartement dans une grande ville avant ». Et le développement

du télétravail en période de crise sanitaire, « facilité par l'internet en haut débit de plus en plus à la campagne », a achevé d'en

convaincre certains, qui passent quelques jours dans leur nouveau château ou maison de maître en plus du week-end.

« Les gens peuvent se dire '' Pourquoi m'embêter à passer 1h30 dans les transports pour rejoindre mon appartement à Paris 

alors que je peux faire deux heures de train deux fois par semaine pour aller à la campagne?. »

 

Et la sensibilité écologique s'imposant de plus en plus dans les critères des acquéreurs, « décider de chauffer son château au

bois ou à la géothermie et posséder un potager sont pris en compte ». Pourtant, Renaud Valentin nuance en déplorant la faible

notoriété des châteaux auvergnats comparés à leurs voisins plus proches de grands axes tels que la vallée du Rhône. Selon lui

« quand les gens, les étrangers achètent en Auvergne, c'est qu'ils s'y sont intéressés d'abord ».

 

De son côté, Régine Dumas, avec ses vaches salers, allaitantes, ses 300 brebis, ses agneaux et ses poulets d'élevage et à la

vente et ses poules pondeuses, n'a pas failli à la tradition agricole de la région et a tenu à conserver l'héritage fermier du

château de Vaulx. « On avait de quoi manger, on vivait presque en autarcie. La vie de château, ce n'est pas ce que les gens

croient! », souligne-t-elle. Et comme « il y a un temps pour tout », comme elle aime dire, la retraitée a fini par prendre sa

retraite avec son mari Guy, non sans en rester là.

 

Avec le développement du tourisme vert, dans les années quatre-vingt-dix, le couple prend le pari de proposer des chambres

d'hôtes. Une, au départ. Puis une deuxième et une troisième quelques années après, et les repas avec l'arrivée aux manettes

dans les années 2010 de Martine et Philippe Vast, respectivement fille et gendre de Régine Dumas. « Il fallait bien qu'on

rentre de l'argent pour vivre. Un jour, des clients nous ont même dit que ces séjours devraient être remboursés par la Sécurité

sociale tellement ils font du bien! » Le service a néanmoins pris fin en 2021.

 

Aujourd'hui, la famille Dumas confie être à un virage et réfléchir à l'avenir du château qui, plus qu'un lieu de vie, a abrité des

souvenirs familiaux. « C'est notre madeleine de Proust, c'est un héritage à transmettre aux petits-enfants s'ils s'y investissent

vraiment, parce que ça demande de la volonté, du temps et des sacrifices, rappelle l'octogénaire. La vie de château, c'est

comme le mariage, on signe pour le meilleur comme pour le pire. »